Sia Anagnostopoulou « En Grèce et en Europe, nous sommes plutôt au début de la lutte qu’à la fin »

Entretien réalisé par 
Thomas Lemahieu, L’Humanité
Ministre déléguée aux Affaires européennes du gouvernement grec, élue Syriza de Patras, Sia Anagnostopoulou explique les raisons 
qui ont poussé le premier ministre Alexis Tsipras à remettre sa démission et à organiser des élections anticipées en septembre.sia

Athènes (Grèce), envoyé spécial.
Alexis Tsipras a annoncé sa démission jeudi dernier. De nouvelles élections devraient avoir lieu le 20 septembre. Qu’est-ce qui a poussé le premier ministre grec à prendre cette décision ?
Sia Anagnostopoulou. Alexis Tsipras a mis en avant deux raisons que je partage. La première, c’est que notre parti, Syriza, s’est déchiré en interne. Nous étions terriblement divisés et, faute d’appuis dans son propre camp, le gouvernement a été soutenu par les partis totalement discrédités de l’ancien système, la Nouvelle Démocratie et le Pasok. Ce n’était pas supportable plus longtemps, c’était devenu très douloureux. La deuxième raison est beaucoup plus importante pour le peuple : nous avons gagné les élections le 25 janvier dernier en promettant de négocier un accord honnête permettant de changer la situation économique de la Grèce. Ce cycle de négociations s’est terminé avec l’accord de juillet. Cet accord est extrêmement pénible pour nous. Dès lors, à nos yeux, Alexis Tsipras est obligé de renouveler le mandat populaire. Je veux insister sur ce point : jusqu’à présent, les gouvernements disaient qu’ils étaient contre le mémorandum lors des campagnes électorales et, au bout d’un mois, sans se battre, ils signaient et ils continuaient de gouverner sans demander l’avis de quiconque ni s’adresser au peuple. Pour nous, pour un parti de gauche, c’est inadmissible : c’est au peuple de décider s’il approuve, ou pas, ce programme et notre démarche politique.

Cet accord est « pénible », avez-vous dit. Il reprend de nombreuses mesures refusées par une majorité écrasante des Grecs lors du référendum le 5 juillet… Quand on regarde, par exemple, le nombre d’entreprises ou de biens publics sur la liste des privatisations, c’est assez effarant. N’était-il pas possible de faire autre chose ?
Sia Anagnostopoulou. C’est sûr que cet accord ne correspond pas à ce que nous avions promis au peuple grec et que nous attendions nous-mêmes. C’est dans ce sens que je dis qu’il est pénible : c’est très difficile d’imaginer un développement économique, de la croissance dans le cadre de cet accord, avec des mesures si strictes et récessives. Le contexte financier est extrêmement serré. L’accord contient des dispositions très dures pour le monde rural et pour les classes moyennes. Ces privatisations sont totalement dépourvues de logique, cela ne fait pas de doute. Mais si on compare ce mémorandum avec les précédents, on doit dire quand même qu’il y a des améliorations : nous ne ferons pas de coupes générales des salaires et des retraites ; nous ne sommes pas condamnés à des excédents budgétaires aussi faramineux que les précédents. Mais la logique demeure la même, c’est le dogme néolibéral, c’est incontestable…

Si l’on reste sur l’exemple des privatisations, tous les économistes sérieux, et même les plus libéraux, estiment que l’objectif de 50 milliards d’euros qui proviendraient des privatisations est totalement irréaliste. Est-ce qu’il n’y a pas une fiction totale dans cet accord qui assigne au gouvernement grec des objectifs intenables ? Et du coup, pourquoi le gouvernement grec l’a-t-il accepté ?
Sia Anagnostopoulou. Ce que qu’Alexis Tsipras et les négociateurs ont voulu faire, c’est clair pour moi, c’est tout d’abord de gagner du temps et un peu de marge. Nous étions obligés d’accepter un accord, d’y consentir parce que la Grèce n’avait pas reçu d’argent des institutions européennes depuis plus d’un an. Tout était suspendu, et pendant ce temps, nous avons payé les dettes, avec les intérêts, par nos seuls impôts. L’Etat grec était au bord de la faillite. Nous avions une obligation envers le peuple grec de ne pas laisser perdurer la situation d’asphyxie totale. Les banques étaient fermées. On ne pouvait rien faire d’autre que chercher à gagner du temps. L’accord était nécessaire de ce point de vue.
Les dirigeants européens ont voulu en profiter pour humilier Tsipras et lui faire avaler un memorandum. Ils savaient que nous étions dans une nécessité impérative de trouver de l’argent et ils ont imposé un accord conforme aux dogmes néolibéraux. De notre côté, ce que nous avons demandé dans ces négociations, ce n’est rien d’autre que de prendre en considération les réalités sociales. Mais les dogmes néolibéraux ne prennent en compte que les réalités strictement financières.
Ceci dit, je veux insister : ce gouvernement a réussi, malgré tout, quelque chose d’extraordinaire dans ces négociations. C’est ce qui me fait penser que nous sommes plutôt au début de la lutte qu’à la fin ! Avec ce memorandum, ça commence aujourd’hui. Tsipras a brandi un miroir devant le visage de tous les dirigeants européens. Et ce qu’ils ont vu, c’est un visage effrayant, celui du néolibéralisme brutal, incarné à la perfection par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble. C’est la première fois qu’une partie des dirigeants européens ont l’air de mesurer que le « problème grec » n’en est pas vraiment un, que c’est plutôt un problème européen. Oui, il faut affronter la crise des dettes souveraines à l’échelle européenne.

Sur la dette, la porte est ouverte pour la première fois. Dans l’accord, il y a la promesse d’un examen, mais en même temps, on voit bien avec les tensions entre le Fonds monétaire international et les autres institutions que rien n’est joué…
Sia Anagnostopoulou. La lutte pour la réduction de la dette publique est à mener pour la Grèce mais aussi pour tous les Etats européens. La dette, ça n’est pas un problème grec. L’Italie est déjà confrontée à cette crise. La France ne va pas tarder à se retrouver dans la même situation. On ne peut pas détruire les structures sociales et l’Etat-providence pour résorber une dette dont tout le monde sait qu’elle est insoutenable. Pour moi, la lutte commence aujourd’hui et ça, en l’occurrence, c’est grâce à Syriza et à Alexis Tsipras ! A cet égard, cet accord est aussi une victoire…

Est-il encore possible dans le cadre de la mise en œuvre de cet accord de mener une politique de gauche ?
Sia Anagnostopoulou. Contre le maintien dans la zone euro, on nous a demandé d’accepter un memorandum. Dans la campagne électorale, nous nous étions engagés à chercher un accord dans le cadre de la zone euro. Nous n’avions jamais dit que nous envisagions une sortie de la zone euro. Mais face à un tel chantage, c’est beaucoup mieux que ce memorandum soit géré par un parti de gauche que par les autres. Car notre essence reste d’améliorer le sort des classes populaires. Sous les précédents gouvernements, on en était toujours à culpabiliser le peuple : le peuple était coupable de tous les maux. Avec nous, c’est différent. Le coupable n’est pas le peuple, ce sont les dogmes néo-libéraux.

Vous l’évoquiez un peu plus tôt, vingt-cinq députés quittent aujourd’hui Syriza pour constituer un groupe parlementaire et, dans la foulée, un nouveau parti politique, considérant que rien n’est possible dans le cadre du nouveau memorandum et que le gouvernement Tsipras trahit le « non » au référendum. Comment vivez-vous ces déchirures ?
Sia Anagnostopoulou. Pour nous tous, la période a été infernale. Ces députés étaient nos camarades. Nous avons mené de grandes luttes, ensemble pendant des années, dans la rue, au Parlement… C’est difficile de les voir aujourd’hui comme des adversaires. Pour moi, il aurait fallu rester unis, éviter cette division dans Syriza. Tous, au fond, nous étions d’accord qu’au moment précis de l’accord, il n’y avait aucune autre solution. Devant le groupe parlementaire de Syriza, Alexis Tsipras est venu demander des propositions. « Si vous voyez un autre moyen de sortir de la situation actuelle, faites-le moi savoir et je vais le suivre », a-t-il lancé devant nous tous. Les seules réponses qu’il a obtenues alors étaient : « On ne peut pas sortir maintenant de l’Europe sinon c’est la catastrophe » ou après l’accord, « acceptons le plan Schaüble d’une expulsion de la zone euro ». C’était extrêmement dangereux. On le sait pourtant à gauche : quand les forces capitalistes veulent la rupture, cela signifie qu’elles y sont prêtes, qu’elles ont toutes les armes pour nous anéantir. Et je refuse que la gauche, et le peuple grec par la même occasion, soient anéantis.

Syriza a toujours été une coalition avec des différences… Le pluralisme interne n’était-il plus possible ?
Sia Anagnostopoulou. Pour moi, non, ça n’était plus possible. Lors du dernier vote au Parlement, ces députés n’ont pas fait que voter contre notre gouvernement, ils nous ont copieusement insultés dans l’Assemblée. C’est totalement inadmissible entre camarades. J’ai compris à ce moment-là qu’ils étaient prêts à créer leur propre parti.
J’ouvre une petite parenthèse : je comprends très bien que Zoe Konstantopoulou, la présidente du Parlement, défende la démocratie ; elle est en danger avec le memorandum, c’est vrai… Mais ça, ce n’est pas devant l’Assemblée grecque qu’il faut le dire, il faut le dire à l’Union européenne. On l’a vu pendant sept ans, ces memorandums sont votés ici en Grèce et ratifiés par d’autres parlements, mais la fonction des parlements nationaux demeure tout à fait formelle. Ils n’ont aucun pouvoir effectif. C’est soit on accepte, soit on refuse ! On ne peut pas discuter les mesures précises. Cela vaut pour les Grecs, mais pour tous les autres : les Allemands ne peuvent rien changer non plus ! Cela veut dire qu’on a un sérieux problème de démocratie en Europe. Cette architecture européenne écarte les parlements nationaux, comme d’ailleurs le Parlement européen… On a un problème au niveau européen, et pas au niveau grec. Ce n’est pas Tsipras qui mine la démocratie en Grèce.
Il n’y a pas d’enjeu démocratique plus important que la survie d’un peuple. Je ne pouvais pas voter contre le memorandum, avec le risque que le peuple grec soit entraîné dans une catastrophe du jour au lendemain.

Le parti créé par les dissidents, Unité populaire, accuse Alexis Tsipras d’opportunisme électoraliste. Sa figure de proue, Panayiotis Lafazanis, qui a été ministre jusqu’à la mi-juillet explique aussi que Syriza agit désormais comme les partis du vieux système grec… Comment réagissez-vous ?
Sia Anagnostopoulou. C’est très injuste. Lafazanis connaît très bien la situation… Il était un des ministres les plus importants du gouvernement. Par exemple, il sait parfaitement que Tsipras a cherché – avec lui d’ailleurs – de l’argent en dehors de l’Union européenne afin de desserrer l’étau, mais que ça n’a pas marché…

En Russie et dans les grands pays émergents – les Brics -, c’est ça ?
Sia Anagnostopoulou. Oui. Aucun n’a voulu nous avancer quoi que ce soit. Tous ont dit au gouvernement grec d’aller vers l’accord avec l’Union européenne.

Pourquoi Alexis Tsipras réclame-t-il l’implication du Parlement européen dans le contrôle de la mise en œuvre de l’accord ?
Sia Anagnostopoulou. Pour moi, il s’agit d’améliorer le rôle du Parlement européen. C’est une institution de l’Union européenne. Ce parlement doit avoir un rôle. On connaît les rapports de forces dans le Parlement européen, mais à partir du moment où celui-ci suit l’application des mesures de l’accord, on peut espérer avoir des ruptures. On peut rendre visible le problème financier de l’Union européenne, c’est un problème qui doit être discuté sur le terrain politique.

Mais le Parlement européen, c’est aussi le lieu de l’alliance au sein d’une grosse coalition entre la droite et les sociaux-démocrates…
Sia Anagnostopoulou. Les sociaux-démocrates doivent prendre une position sur l’Union européenne. Ils se sont alignés sur les forces néo-libérales en détournant la tête de ce qu’il se passe dans la société. S’ils veulent continuer d’exister, s’ils veulent avoir encore des raisons d’exister politiquement, ils doivent recommencer à regarder la société. Si les socialistes européens ne renouent pas avec leurs racines de gauche, ils sont perdus.

Avec l’annonce des élections, jeudi dernier, on a assisté à un concert assez inédit d’encouragements, venus de Bruxelles ou de Berlin, par ceux-là qui n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger l’attitude du gouvernement grec avant le 13 juillet… C’est un baiser qui tue ?
Sia Anagnostopoulou. On doit comprendre les manipulations. Entre janvier et juillet, le plan des institutions européennes était de pousser Tsipras à la démission et de donner le pouvoir aux forces austéritaires du système grec avec lesquelles les institutions travaillaient étroitement. Le référendum a été déterminant à cet égard. Tsipras a très bien fait de le faire, car les forces néolibérales européennes, en coalition avec leurs relais grecs comme Nouvelle Démocratie, le Pasok et To Potami, ont tout mis dans la balance pour le « oui ». Ce devait être la fin de Tsipras et du gouvernement Syriza. Quand elles ont vu que le « non » a recueilli plus de 62 %, ça a été le choc. Les institutions ne s’attendaient pas à un tel résultat, incapables d’imaginer qu’un peuple complètement asphyxié financièrement – et cette situation perdure d’ailleurs – avec les banques fermées, puisse soutenir aussi fortement le combat de son gouvernement. À partir de ce moment-là, en dehors du ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble, tous les autres ont fini par comprendre que la seule personne avec laquelle ils sont obligés de négocier, c’est Tsipras. Le formalisme démocratique européen est déterminant. Au fond, on ne prête aucune attention à la volonté du peuple, à ses références sociales, mais on est obligés de le faire de manière formelle.
Le sommet des chefs d’Etat de la Zone euro, le 12 juillet, c’est une victoire de Tsipras car les Européens, même Angela Merkel, ont dû s’asseoir autour de la même table que lui. Ils savent très bien que, s’ils veulent que la Grèce reste dans la zone euro, il n’existe qu’un seul interlocuteur : Tsipras. Les autres sont absolument détestables, ce sont eux qui ont conduit la Grèce dans la situation actuelle. Et de l’autre côté, le miroir que Tsipras a mis devant les visages des dirigeants européens, a renvoyé la véritable image de l’Union européenne, celle du néolibéralisme avec cette hégémonie allemande. Lors de la nuit interminable du 12 au 13 juillet, nous avons été obligés d’accepter l’accord pour ne pas renforcer l’hégémonie allemande…

L’hégémonie allemande est-elle entamée, d’après vous ?
Sia Anagnostopoulou. Non, bien sûr ! Mais il y a quelques petites ruptures. Pour nous, pour la gauche, – et pas seulement la gauche grecque, mais bien toute la gauche européenne -, un espace s’ouvre pour les mobilisations. La lutte, c’est de montrer que la gauche peut donner un autre contenu à ce consensus. Jusqu’à l’avènement du gouvernement Syriza, la croyance était très forte dans l’Union européenne : « On en a fini avec la gauche ! » La social-démocratie allait, et continue d’aller avec la droite dans des coalitions sans rupture. Dans ce contexte, nous-mêmes, la gauche paraissions totalement insignifiants. On ne faisait plus peur du tout.

Il y a quelques signes d’émergence, en effet : au Royaume-Uni avec le débat interne au parti travailliste ou même en Finlande où samedi, des milliers de manifestants ont défilé contre l’austérité… Mais parmi les forces qui se battent contre le néolibéralisme, l’accord extorqué à Bruxelles après la cinglante victoire du « non » a tout de même douché pas mal d’espoirs…
Sia Anagnostopoulou. Nous avons montré que la gauche est là, encore et toujours là en Europe. C’est aussi pour cette raison que je ne suis pas d’accord avec les analyses de Lafazanis et de ses camarades : la lutte doit être dans l’Union européenne, pas en dehors. La gauche doit mener la bataille là où elle se passe, pas ailleurs ! On ne peut pas considérer que c’est une simple question de souveraineté nationale : nous contre le reste du monde ! Nous n’avons pas une lutte contre les Allemands ou contre d’autres Européens. Pour nous, la lutte doit se mener avec les Allemands, avec les Français, avec les Espagnols, les Portugais ou les Italiens, avec les Finlandais qui manifestaient samedi contre l’austérité, avec les Britanniques qui s’intéressent à ce que dit Jeremy Corbyn dans la campagne pour la tête du Labour…

Sur quelles priorités allez-vous mener la campagne électorale ?
Sia Anagnostopoulou. On va la faire sur un nouveau programme dans le contexte serré du memorandum. Nous avons une série de propositions qui doivent servir à désamorcer les mesures néolibérales de l’accord. Pour nous, il s’agit de soulager et de protéger les classes populaires. Nous sommes obligés d’adapter notre programme, bien sûr, mais nous voulons ne pas toucher le peuple le plus fragile, nous voulons protéger les plus faibles. On parle toujours de « réformes ». Je suis d’accord pour les réformes, mais à condition qu’elles ne conduisent pas à la destruction de la cohésion sociale. Ce qui est plus important encore, c’est de ne pas imposer aux peuples des réformes par la violence. Faute de quoi, on s’habitue à voir le pouvoir politique décider pour la société par des biais de violence. Et ça, c’est très dangereux, car c’est faire des cadeaux à l’extrême droite…

Comment ça ?
Sia Anagnostopoulou. Si on dit que la Grèce doit faire des privatisations d’une telle ampleur, cela signifie que l’on a une violente transformation de la société, un gigantesque bouleversement. On habitue la société à cette violence. Et toujours dans l’Histoire, c’est l’extrême droite qui a profité de cette mentalité.
Donc, il faut faire des réformes en Grèce. Nous sommes d’accord. À gauche, nous avons longtemps été les seuls à crier pendant des décennies qu’il fallait revoir les administrations publiques, sortir du clientélisme, récolter l’impôt, etc. Il faut des réformes, mais sans attaquer les classes sociales les plus fragiles !

C’est encore faisable ?
Sia Anagnostopoulou. Oui, car c’est nous qui gérons ce memorandum. Du coup, le message que nous adressons aux Européens est celui-ci : si nous, les Grecs, sommes parvenus à faire une petite rupture dans l’Union européenne et à montrer le vrai problème, il faut que la gauche européenne prenne la relève. Toute la mobilisation doit se porter désormais sur la dette ; on doit européaniser cette question de la dette grecque. La dette est une affaire européenne et pas seulement grecque. Cela peut être la première victoire de la gauche européenne. Nous ne sommes pas insignifiants, nous sommes visibles en Europe, nous avons les moyens de faire autrement.

Palestine : Susiya, le village qui refuse la mort

susiyaPierre Barbancey, L’Humanité
L’occupant israélien tente depuis trente ans de déloger les habitants de la bourgade de Cisjordanie exposée à la violence des colons et de l’armée.
Il y a trois ans, en partant de la grande ville du sud de la Cisjordanie, Hébron (Al-Khalil en arabe), nous avons fait une halte dans le village de Susiya. Là, nous avons découvert une tribu de Bédouins qui, à la manière du village d’Astérix, résiste encore et toujours. Car l’occupant israélien n’a qu’un but : les expulser et détruire le hameau. Ce qui pourrait être chose faite d’ici une semaine, à partir du 3 août, la Cour de justice israélienne ayant décidé de rendre légal cet acte odieux en rejetant l’appel des 340 habitants. C’est là que nous avions rencontré Hadj Khalil, quatre-vingt-cinq printemps au compteur et un regard d’enfant qui scrute le monde avec une curiosité toujours renouvelée.
« Les Israéliens et les étrangers pénétrent sur le site, mais pas moi »

Ce harcèlement israélien a commencé en 1986, avec la « découverte » par des archéologues israéliens d’une synagogue antique. Hasard, trois ans auparavant avait été créée la colonie de Susiya, près du hameau palestinien portant le même nom ! Mais, en 1986, les Palestiniens ont été déplacés. « Mon père m’a pris dans ses bras pendant que les bulldozers détruisaient nos maisons et bloquaient les grottes dans lesquelles nous vivions, se souvenait, lors de notre passage, Nasser Nawaj’ah, qui avait quatre ans à l’époque. Nous nous sommes dispersés sur nos terres agricoles, autour du village. Les adultes espéraient que nous reviendrions un jour dans nos grottes, mais une clôture a été dressée autour du village, qui a été transformé en site archéologique. Aujourd’hui, nous vivons toujours sur nos terres agricoles et je peux voir l’endroit où je suis né, mais je ne peux pas y aller. Les Israéliens et les étrangers du monde entier peuvent pénétrer sur le site, mais pas moi. » Un témoignage fort que cet homme, qui travaille avec l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, venait de publier en hébreu sur le site du journal à grand tirage Yediot Aharonot. Pour que les Israéliens ne puissent pas dire qu’ils ne savaient pas ! Il y a trois ans, une organisation israélienne d’extrême droite, Regavim, a déposé une pétition devant la Haute Cour pour demander la destruction de Susiya. L’administration a délivré des avis de démolition pour 52 structures et tentes, dont une clinique médicale, un jardin d’enfants, un bâtiment d’énergie solaire qui fournit l’électricité pour la région et même les sanitaires ! C’est ce qui est en jeu aujourd’hui. Les habitants de Susiya assistent ainsi à la colonisation croissante de ces terres palestiniennes et subissent la violence permanente des colons. Une violence qui a un but : empêcher les Palestiniens de cultiver les terres qui se trouvent en contrebas pour, à terme, utiliser de veilles lois ottomanes sur les « biens des absents », qui stipulent que les terres non cultivées peuvent être saisies. Autre moyen : refuser tout permis de construire aux Palestiniens tout en les délivrant aux colons sous prétexte de « croissance naturelle ». C’est d’ailleurs un exemple de plus de la terrible injustice des accords d’Oslo qui fait que 62 % de la Cisjordanie se trouve en zone C, c’est-à-dire sous administration civile et militaire israélienne. Les Palestiniens n’auraient qu’un droit, celui de se taire. Malgré les pressions, en réalité ils n’abdiquent pas. Ainsi, Hadj Khalil a reçu son premier ordre d’expulsion le 5 mai 1997. Alors que l’affaire était devant la cour, les soldats ont détruit les cavernes naturelles et les tentes. Il parle aussi de ces moments où l’occupant arrive, les force à monter dans des camions avec leurs affaires pour les déplacer vers Yata, la ville qui se trouve à plusieurs kilomètres de là. Il revoit l’humiliation de cette benne qui se lève et laisse glisser les sacs et ce qu’ils ont pu emmener, comme s’il s’agissait de détritus. Mohammed Nawaja, âgé de presque soixante-dix ans, maintenant ne décolère pas non plus : « Je suis plus vieux que l’État d’Israël. On m’empêche même d’avoir une tente alors qu’un colon peut venir de n’importe quel endroit du monde et construire sa maison avec tous les services y afférents. Mais moi, on me dit que je représente un danger pour la sécurité d’Israël ! »

Pratiquement inconnu il y a encore trois ans, ce qui se passe à Susiya est devenu emblématique de la politique israélienne de colonisation. Outre les associations internationales habituelles, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) israéliennes se sont mobilisées, comme Rabbins pour les droits de l’homme, B’Tselem et même Breaking the silence, rassemblant les anciens soldats qui témoignent de la réalité des actes de l’armée. Ces forces conjuguées, qui ont pu prendre appui sur cette incroyable résistance des habitants de Susiya, ont réussi, semble-t-il, à briser la chape de silence. Les diplomates occidentaux ont, enfin, réussi à trouver le chemin de ce village. Détruire Susiya serait « provocateur et dommageable », a souligné le porte-parole du département d’État américain. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se sont sentis obligés d’appeler Israël à arrêter le processus de « transfert forcé de population et de démolition » de cette localité.

Si les Israéliens parvenaient à leurs fins, ce serait la troisième fois que les habitants de Susiya seraient expulsés. À chaque fois ils sont revenus et ont reconstruit. Malgré les menaces des soldats et des colons. Malgré les bulldozers prêts à entrer en action à chaque instant.

Quatre témoignages accablants de soldats israéliens sur la guerre à Gaza

israelgazaL’ONG israélienne Breaking the Silence publie un document reprenant des dizaines de récits de militaires dénonçant un usage disproportionné de la force pendant l’opération « Bordure protectrice » de l’été 2014.
Un soldat israélien, posté à Metoula (Israël), scrute la frontière avec le Liban, le 20 janvier 2015.

Le rapport de 240 pages compile des témoignages glaçants. L’organisation israélienne Breaking the Silence (en anglais) a publié, lundi 4 mai, des récits de plus de 60 officiers et soldats israéliens engagés dans la guerre à Gaza pendant l’été 2014, lors de l’opération « Bordure protectrice ». Les soldats de Tsahal s’y montrent particulièrement critiques envers l’armée, accusée d’avoir recouru à la force sans distinction.

Francetv info reprend quatre témoignages décrivant l’intensité des combats, les consignes données aux soldats israéliens et leur obsession d’avoir affaire à des combattants plus qu’à des civils.
1″Même si nous n’entrons pas : obus, obus, obus »

Un lieutenant d’infanterie, en poste dans le nord de la bande de Gaza, raconte l’intensité des tirs lors de l’opération.

« L’artillerie tire constamment. (…) En pratique, cela signifie que des obus sont tirés tout le temps. Même si nous n’entrons pas : obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, un endroit où pourrait se trouver un tunnel : feu, feu, feu. (…) C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de la brigade et de son humeur du jour. ‘Décidons de ce qui est raisonnable [en termes de pertes] et de ce qui ne l’est pas’. »
2″Ils ont dirigé leurs armes sur ces filles, et elles ont été tuées »

Un soldat d’infanterie, déployé dans le sud de la bande de Gaza, se souvient d’une journée où les soldats ont été confrontés à deux femmes qui traversaient une zone proche de l’endroit où ils étaient postés.

« Un soldat a identifié deux silhouettes en train de marcher dans un verger, à 800 ou 900 mètres du périmètre. C’était deux jeunes femmes. Le commandant a demandé de confirmer – ‘qu’est-ce que vous voyez ?’ – et si elles étaient incriminées ou non. C’était le jour, vers 11 heures ou midi. Les postes de surveillance ne pouvaient pas bien voir, donc le commandant a envoyé un drone pour regarder d’en haut et le drone les a mises en cause. (…) Ils ont dirigé leurs armes sur ces filles, et elles ont été tuées. (…) J’avais le sentiment que c’était des conneries. (…) Ils ont vérifié les corps et c’était deux femmes, de plus de 30 ans. Les corps de deux femmes, qui n’étaient pas armées. [Le commandant] est revenu et nous avons avancé, et elles ont été inscrites comme terroristes. On les avait abattues, donc évidemment, ce devait être des terroristes… »
3″Tirer si on se sent menacé est la chose la plus morale à faire »

Un sergent de la division blindée, en patrouille dans la zone de Deir Al-Balah, dans la bande de Gaza, explique les consignes que lui et ses collègues ont reçues pendant l’opération « Bordure protectrice ».

« N’importe qui dans la zone (…) est presque sûrement un combattant. Il ne va pas être innocent et le risque est suffisamment élevé pour tirer sur lui immédiatement. C’est aussi ce que nous disent les commandants et les officiers, juniors comme seniors. Ils nous disent : ‘Pour faire court, tirer si on se sent menacé est la chose la plus morale à faire car la chance que ce soit un civil est infime’, parce que tout le monde a été évacué. »
4″J’avais vraiment, vraiment envie de lui tirer dans les genoux »

Autre scène de confrontation entre soldats et civils, racontée par un sergent d’infanterie, en position dans le nord de la bande de Gaza. Elle montre comment les soldats israéliens se persuadent qu’ils ont affaire à des combattants du Hamas.

« Il y avait cette fille handicapée mentale dans le quartier (…) et le fait que des tirs tombent à côté de ses pieds l’a fait rire. (…) Elle continuait à se rapprocher et c’était clair pour tout le monde qu’elle était retardée, donc personne n’a tiré. Personne ne savait comment gérer la situation. Elle errait autour des zones des compagnies d’avant-garde. (…) Je suppose qu’elle voulait juste rentrer chez elle, qu’elle avait échappé à ses parents, je ne pense pas qu’ils l’auraient envoyée là. [Mais] elle était peut-être manipulée (…). J’ai pensé que c’était un simulacre, et j’avoue que j’avais vraiment, vraiment envie de lui tirer dans les genoux (…). J’étais sûr qu’elle était envoyée par le Hamas pour tester notre vigilance, pour tester nos limites, pour voir comment on allait répondre aux civils. »

Article publié par France TV

LE REVE AMERICAIN !

americainreveTrente ans. C’est l’âge de Flynn Barclay, qui vient de terminer son école de droit au Boston College. C’est aussi la durée du prêt qu’il a dû souscrire pour payer ses trois ans d’études. Rien que pour les droits d’inscription, la facture s’est élevée à 165 000 dollars (152 000 euros). Mais voilà, deux ans après l’obtention de son diplôme, il n’a toujours pas trouvé le poste d’avocat qu’il convoitait.

En revanche, les traites, elles, tombent chaque mois avec la régularité d’un métronome. Des échéances qui ont un nom : Sally. Entre jeunes Américains endettés, on plaisante en se demandant si on a reçu des nouvelles de Sally, c’est-à-dire de Sally Mae, l’organisme qui gère la dette étudiante.

Ils sont aujourd’hui plus de 40 millions à fréquenter la fameuse Sally. Onze millions de plus qu’il y a sept ans. « J’appartiens à une génération à laquelle on a toujours dit : “Le meilleur investissement, ce sont les études” », explique M. Barclay, tout en assurant que si c’était à refaire, il le referait. Pourtant, son quotidien est compliqué et son avenir incertain. « Je dois rembourser 1 240 dollars par mois. Quand je sors avec des amis, j’ai des scrupules ; les voyages, il faut oublier et acheter mon propre logement, c’est impossible : l’essentiel de mes revenus partent dans le remboursement de mes études et mon loyer. »
Endettement pharaonique

Aux Etats-Unis, près des trois quarts des diplômés, de tous âges, ont ainsi un fil à la patte. Fin 2014, le montant total de la dette étudiante s’élevait à 1 160 milliards de dollars (1 069 milliards…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/04/26/l-irresistible-escalade-de-la-dette-etudiante-aux-etats-unis_4622961_3234.html#Mu9YIAQHrYjqw5KW.99

Le tatouage, cet art fascinant qu’on a tous dans la peau !

(c) Jean-Gabriel AubertLe tatouage est devenu un phénomène planétaire et exhibe fièrement ses envies d’encre.

Cette fois, ça y est, le tatouage a acquis ses lettres de noblesse. Depuis presque un an, il a même fait son entrée dans le monde de la culture en s’exposant au musée du quai Branly où l’exposition « Tatoueurs tatoués » connaît un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 18 octobre.
Du jamais-vu dans l’histoire du tatouage devenu un phénomène de société après avoir été longtemps mal vu. Si aujourd’hui la mode s’inspire largement de ce qui fut une pratique marginale porteuse d’une culture underground, le tatouage s’expose désormais au grand jour et les corps se montrent, exhibant des motifs de plus en plus spectaculaires.
« C’est un boum planétaire »

Fini le discret tatouage au creux des reins, aujourd’hui, le dessin à l’encre inscrit dans la chair peut recouvrir toutes les parties du corps, sans que cela soit perçu comme choquant. Il s’est tellement répandu qu’il touche toutes les classes sociales : « On le voit sur les plages, presque tout le monde a des tatouages. C’est un boum planétaire », confie Tin-Tin, le tatoueur français le plus réputé au monde.

Conseiller artistique de l’exposition « Tatoueurs tatoués » et créateur du Mondial du tatouage, il a découvert le monde de l’encre sous la peau en se faisant tatouer lui-même très tôt. Il aimait dessiner, se lançant dans le métier dès l’âge de dix-huit ans. Aujourd’hui, il exerce dans une boutique près de Pigalle, fréquentée par des centaines de gens qui ne veulent se faire tatouer que par lui. Son style ? Le « japonisant » aux traits inspirés des estampes et de l’iconographie du Japon où il s’est rendu à plusieurs reprises pour apprendre les techniques asiatiques. Il est aussi considéré comme celui qui a ouvert la porte à « l’école du surréalisme » où le tatouage ressemble à des photos, telle celle représentant le « Baiser de Doisneau » qu’il lui est arrivé de reproduire sur ses clients.

Pourquoi le tatouage fascine-t-il autant ? On retrouve sa trace partout dans le monde (Nouvelle-Zélande, Bornéo, etc.) et en Europe, aussi bien chez les Romains que chez les Pictes. Outre la marque identitaire, sociale ou religieuse, il y a le besoin d’une esthétique venant orner le corps. On se tatoue pour affirmer sa différence, ses goûts, imiter la star et ses tatouages vus à la télévision : « Il y en a qui font ça par amour, d’autres, pour cracher leur haine de la société, d’autres encore font graver une image de l’être aimé ou de l’animal disparu », observe Tin-Tin. Du poignard siglé « ni dieu ni maître » à la représentation du Christ, « il y a tous les cas de figure ». « Cela touche aussi bien celui qui écoute de la techno que celui qui aime le rap, le rockeur, le métalleux, l’employé ou le cadre. »
340 tatoueurs de 30 pays

Il existe plusieurs écoles parmi lesquelles l’old school (inspirée des tatouages des marines américains des années 1950-1960), le bioméca (incluant des compositions mécaniques), le tribal, ou encore le dark metal. Autant de styles qui font écho à une quête personnelle avec en prime l’idée d’une vie fantasmée dans le monde que l’on s’est choisi. Reste une question. Le tatouage est-il un art ? Pour Tin-Tin, il n’y a pas l’ombre d’un doute : « Son entrée au musée des arts premiers du quai Branly n’est pas une anecdote. Cela prouve que c’est un art. » Président du Syndicat national des artistes tatoueurs, il mène un combat pour la reconnaissance de cette profession par l’État. « On est stigmatisé, ce n’est pas légitime », s’insurge Tin-Tin, qui milite pour que le tatouage devienne le 10e art derrière le 9e art qu’est la BD : « Les gens qui font de la gravure, de la peinture, du dessin ou de la photo sont considérés comme des artistes, sauf nous.

Pourquoi ? Parce qu’au lieu de dessiner sur du papier ou sur une toile, nous pratiquons sur la peau ! »
Victor Hache
L’Humanité

Comment violer et battre des femmes : l’ignoble guide de l’Etat Islamique

eil1Publié par le « Département des prisonniers et des affaires de la femme » de Daech, un document énonce les règles en matière d’esclavage sexuel, le sort réservé par les djihadistes aux femmes chrétiennes et yézidies du territoire. Parmi ces règles : le viol répété, même sur des jeunes filles vierges, et les coups.

Alors qu’on estime à près de 5 000 le nombre de femmes et d’enfants actuellement détenus comme esclaves sexuels dans les régions de Syrie et d’Irak passées sous contrôle de Daech pour former l’Etat Islamique, plusieurs documents sont venus ces dernières semaines dépeindre les terribles traitements qui leur seraient réservés. En décembre dernier, notamment, le Mail Online a relayé un document signalé par le Memri (Institut de recherche des médias du Moyen-Orient qui étudie la menace terroriste particulièrement via les médias), rédigé et diffusé par le « Département des prisonniers et des affaires de la femme », dirigé par un certain Abu Suja. Intitulé « Questions et réponses sur l’emprisonnement et les esclaves », ce mode d’emploi -qu’il reste difficile d’authentifier- à l’adresse des djihadistes présenterait en 27 points les règles de l’esclavage sexuel.

On y apprend que les femmes pouvant être traitées d’esclaves sont les « non-croyantes », autrement dit, toutes celles qui ne seraient pas de confession musulmane, c’est-à-dire, comme explicitement énuméré dans le texte, les chrétiennes, les juives et les polythéistes, mais aussi les Yézidis, cette communauté persécutée par l’EI dont les croyances (monothéistes) trouvent leur source le zoroastrisme, la religion de la Perse antique.
Une fois achetées ou attribuées à un « maître » qui peut en posséder plusieurs, celles-ci peuvent être violées à volonté, et battues et punies si elles n’obéissent pas ou si elles tentent de s’enfuir. Ce guide précise également que les jeunes filles vierges peuvent être déflorées immédiatement après leur acquisition, que les relations sexuelles avec des esclaves pré-pubères mais « aptes » sont autorisées mais que les femmes ayant déjà eu des rapports doivent d’abord avoir l’utérus « purifié », sans qu’il soit expliqué comment. Pour justifier ces règles, le texte s’appuie sur la Charia telle que l’interprète l’Etat Islamique et cite des textes soi-disant tirés du Coran comme « Allah récompense les musulmans qui sont chastes avec leurs femmes et ce qu’ils possèdent » (sous-entendu pour les djihadistes, leurs esclaves) lorsqu’il s’agit d’interdire toute relation sexuelle avec l’esclave d’un autre.
Si cet abject mode d’emploi, dénoncé par de nombreux médias, n’a pas pour autant été officiellement revendiqué par l’EI, il fait étrangement écho à un autre document, révélé par le site Iraqinews puis largement diffusé il y a quelques semaines et contenant la grille tarifaire des esclaves. En fonction de leur âge, de leur beauté, ou même de la couleur de leur yeux, elles seront vendues entre 30 et 2000€, le plus haut prix étant réservée aux enfants de moins de 10 ans. Plusieurs ONG et médias ont également recueilli de nombreux témoignages de jeunes filles et femmes ayant échappé à leur « maître » tandis que la situation de communauté Yézidi présente en Irak et en Syrie et dont les femmes sont réduites à l’esclavage a été décriée par ces mêmes associations et médias qui ont tiré la sonnette d’alarme et n’hésitent pas à parler de génocide.

Publié par Laure Gautherinéminin

Une épidémie de peste fait 40 morts à Madagascar

madagascarLa peste, qui se développe chez les rats mais qui est propagée par les mouches, a tué 40 personnes à Madagascar entre la fin août et aujourd’hui, selon l’OMS.
L’épidémie de peste est de retour à Madagascar. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se mobilise pour endiguer cette épidémie alors que le premier cas mortel a été enregistré dans un village le 31 août (le patient est décédé le 3 septembre). Dans un communiqué, l’organisation onusienne indique avoir été notifiée le 4 novembre par les autorités sanitaires malgaches du développement de cette maladie.

Au 16 novembre, 119 cas et 40 décès avaient été recensés précise l’OMS, dont deux cas dans la capitale Antananarivo, avec un décès. Dans cette ville, « il y a maintenant un risque d’un rapide développement de la maladie dûe à la haute densité de population (…) et aux faiblesses du système de santé », met en garde l’OMS. En 2013, au moins 39 personnes avaient succombé de la peste à Madagascar. 



La maladie est véhiculée par des mouches


Une force spéciale nationale, rassemblant divers acteurs de santé, a été constituée pour combattre la maladie avec l’aide de l’OMS et le soutien financier de la Banque africaine de développement.

L’Organisation souligne que la situation est compliquée par la résistance des mouches à l’insecticide deltamethrin, utilisé pour les contrôler. La bactérie de la peste, qui se développe chez les rats, est véhiculée par les mouches. Chez l’homme, elle se développe sous forme bubonique, et si la bactérie atteint les poumons, elle provoque une pneumonie et devient alors transmissible à travers la toux.

Découverte à temps, la forme bubonique se soigne avec des antibiotiques, mais la forme pneumonique, une des maladies infectieuses les plus meurtrières, peut être fatale en seulement 24 heures. Le taux de mortalité dépend de la mise en route rapide du traitement, mais il peut être très élevé, précise l’OMS.

40 000 cas de peste dans 25 pays entre 1991 et 2006
Considérée comme une maladie du siècle dernier, la peste n’a en réalité jamais cessé d’inquiéter les chercheurs. D’après une récente étude publiée dans la revue The American Journal of Tropical Medecine and Hygiene, contrairement à la variole qui a été éradiquée, la peste continue à tuer à travers le monde. Alors que les auteurs de cette analyse font état de 21 725 cas de peste et 1 612 décès répertoriés entre 2000 et 2009, certains spécialistes estiment que le bilan réel serait plus important. 
Pour preuve, les dernières données déclarées par l’OMS font état de 40 000 cas entre 1991 et 2006 dans 25 pays. 


Ainsi un village entier a été mis en quarantaine l’été dernier en Chine après le décès d’un patient atteint de la peste. Depuis une décennie environ, le continent africain est le plus grand pourvoyeur de cette maladie. Et Madagascar détient le triste record du pays le plus touché. Par ailleurs, plusieurs pays développés comme les Etats-Unis ou la Russie, rapportent régulièrement de nouveaux foyers de peste.

Arnaud Aubry dans Pourquoi Docteur